Quand la littérature s'illustre...

Voici quelques pépites du moment où l'expression roman graphique prend tout son sens. 

  • Fup (L'Oiseau Canadèche) Nouv.

    "Fup (L'Oiseau Canadèche) est une pépite brute, un conte tendre et farfelu autour d'un improbable trio : le jeune Titou, son vieux Pépé Jake et le canard qu'ils adoptent et nomment Fup, oiseau boulimique et plein d'entrain ! Une pépite brute que Tom Haugomat a minutieusement polie, page après page, à travers plus de 200 illustrations qu'il réalise pour la première fois en peinture. Un roman culte, véritable succès de libraire depuis 10 ans, réinterprété en images par l'un des plus talentueux illustrateurs d'aujourd'hui."

  • Bartleby le scribe Nouv.

    Un notaire engage dans son étude un dénommé Bartleby pour un travail de clerc, chargé de copier des actes. Au fil du temps Bartleby, qui s'est d'abord montré travailleur, consciencieux, lisse, ne parlant à personne, révèle une autre part de sa personnalité : il refuse certains travaux que lui demande son patron. Il ne les refuse pas ouvertement, il dit simplement qu'il « préférerait pas » les faire, et ne les fait pas. Et cette phrase revient alors systématiquement dans sa bouche : « I would prefer not to », traduite en français par « je préférerais pas ». Peu à peu, Bartleby cesse complètement de travailler, mais aussi de sortir de l'étude, où il dort. Il ne mange rien d'autre que des biscuits au gingembre, et refuse même son renvoi par son employeur.

    Le dessinateur Stefano Ricci s'empare de cette oeuvre majeure d'Herman Melville de 1853 et la transpose dans notre monde du XXIe siècle.
    Je préférerais pas... : avec cette petite phrase apparemment inoffensive de Bartleby, c'est toute la logique productiviste du XIXe siècle qui vacille. Une phrase qui résonne encore aujourd'hui.
    Après Céline par Tardi, Albert Camus par José Muñoz, Romain Gary par Sfar, la collection Futuropolis/Gallimard confirme sa place d'exceptionnelle collection des grands écrits littéraires illustrés.

  • Le chef-d'oeuvre de John Steinbeck, adapté en roman graphique par Rébecca Dautremer.

    États-Unis, 1937 : John Steinbeck publie un court roman qui deviendra un chef-d'oeuvre de la littérature, mondiale. Des Souris et des Hommes, c'est l'histoire de George et Lennie, deux saisonniers qui voyagent à travers la Californie, rêvant d'une vie meilleure. Une histoire magnifique, qui nous raconte l'amitié, l'espoir mais aussi la cruauté des hommes, et qui a profondément ému des millions de lecteurs.

    France, 2020 : Rébecca Dautremer adapte ce grand classique dans un incroyable roman graphique. Pour cette deuxième collaboration avec les éditions Tishina, après Soie il y a quelques années, elle renouvelle brillamment son univers et sa palette, et pousse plus loin que jamais son talent. Un dialogue intense entre le texte intégral de Steinbeck et l'univers artistique de la plus célèbre des illustratrices françaises.

  • Le port de Beyrouth

    Lamia Ziadé

    Le 4 août 2020, une monumentale explosion dans des entrepôts ravage le port de Beyrouth et les quartiers voisins. Elle fera des centaines de morts et plus de 4000 blessés. Lamia Ziadé a vécu cette catastrophe de trop pour Beyrouth depuis Paris, mais en lien constant avec sa famille et ses amis vivant sur place. Immédiatement, elle a voulu réaliser le carnet intime de cette catastrophe. Saisir dans ses dessins ce qu'elle voyait, ce qu'on lui racontait. Mais elle tient aussi son propre journal dans lequel elle témoigne de son émotion et de sa colère qu'elle partage avec ses compatriotes. Elle restitue la stupeur de l'événement : « Les effets de l'explosion sont incompréhensibles, répondent à un système mystérieux inverse à la logique ». Des verres intacts dans une pièce ravagée, des meubles retrouvés à 200 mètres de l'appartement qui les abritait. « Une sorte de maléfice semble avoir organisé les dégâts. » Lamia Ziadé dessine également les portraits de celles et ceux dont on ne doit pas « oublier les visages souriants », des sauveteurs dans les décombres, des victimes, mais aussi des politiques conspués.

  • A l'occasion du centenaire de la naissance de Mohamed Dib, Jacques Ferrandez illustre le roman de cet auteur algérien précieux et incontournable. Deux survivants, à la recherche d'une réponse à l'énigme du monde déambulent dans le désert. Un maitre Hagg Bar et son fidèle valet, Siklist. Une sorte de Don Quichotte et Sancho Pança aux rôles inversés qui attendraient Godot....

  • « Mon histoire avec le livre, le désert et les Hommes, c'est l'histoire d'un partage, l'histoire d'un amour vieux comme le monde, l'amour du rêve... » Ainsi parle Yasmina Khadra qui entreprend de raconter le désert, comme il l'a connu dès son enfance, en Algérie. Dans cet exercice d' autofiction, le célèbre romancier emmène le lecteur dans l'immensité des lieux, si arides en apparence et pourtant si vivants, où la musique rythme la poésie et les mirages accouchent toujours d'oasis...

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